ENTRETIEN avec GONZALES & Louie AUSTEN octobre 2002

...déjà, CHILLY GONZALES, pourquoi ce surnom là ?

Gonzales: Ah vraiment, c'est la première question ?... tu devrais deviner pourquoi j'ai pris ce nom là ! Tu as une théorie ?

...par rapport à GONZALES, euh.........SPEEDY GONZALES ?

Gonzales: Ahhh, un peu. Y'a beaucoup de gens qui m'appellent GONZO, ça te fait penser à quelquechose ?

Donc tu as consommé beaucoup d'alcool et de drogues à Las Vegas !

Gonzales: Euh non, je suis plutôt une poupée avec un grand nez !

GONZO ! du MUPPET SHOW alors. Donc ça n'a rien à voir avec HUNTER THOMPSON du tout ?

Gonzales: Pas tellement non !

...on te connait un p'tit peu quand même par ici, on t'a déjà vu sur scène ici, ça fait quelques temps que tu commences à devenir énorme, y'a pas qu'le nez maintenant, toute ta personne est énorme. Tu vends beaucoup de disques...

Gonzales: relatif à la dernière fois à Rennes, oui c'est vrai !

Alors comment se passe cette tournée sur le 3ème album ?

Gonzales: C'est la 2ème tournée du 3ème album, c'est presque la 5ème tournée on peut dire !

C'est beaucoup trop !

Gonzales: ...ça se passe très bien, je suis en tournée avec FEIST toute l'année et on fait plein de nouvelles versions des vieilles chansons et ça continue à s'améliorer, je produis un album pour FEIST maintenant.

Tu aimes bien travailler avec des jeunes demoiselles, on le sait...

Gonzales: et des vieilles aussi. GUESCH PATTI elle est pas si jeune que ça !

On en parlera plus tard de GUESCH PATTI si tu veux bien. Tu as pas mal tourné avec PEACHES, en ce moment tu as changé de camarades de jeu. C'est qui cette jeune fille ?

Gonzales: C'est FEIST, la dernière fois elle était sur scène aussi, on était 3...

Mais elle était beaucoup moins vêtue, on va dire !!

Gonzales: Euh, j'me souviens plus, c'est ton souvenir ?

Oui, je m'en souviens très bien !

Gonzales: Bon, maintenant FEIST elle est plutôt chanteuse et on travaille sur un album pour elle aussi....FEIST fait beaucoup plus que la dernière fois qu'on était ici, parce qu' il y avait moi et PEACHES qui faisaient le spectacle et FEIST est venue simplement comme ça pour voir l'Europe, et on a dit bah pourquoi pas aussi participer dans le spectacle !

Elle a déjà sorti un album FEIST qui est distribué au Canada mais pas en Europe, non ?

Gonzales: Oui, elle chante sur tous mes albums, elle chante "shameless eyes", c'est la version anglaise de "dans tes yeux" . Elle chante sur "salieri serenade" et sur "gonzales über alles" beaucoup. Je la connais depuis très longtemps, c'est parfait ! Je pense qu'elle va déménager en France.

 


LOUIE AUSTEN, GONZALES & FEIST
[live UBU oct.2002]

 

Dans tes nombreuses collaborations tu as aussi fait un remix pour AUTOUR DE LUCIE, ça c'est passé comment ?

Gonzales: ...ils ont appelés la maison de disque.... Normalement je fais pas de remix parce que c'est pas vraiment mon talent, mais je m'suis dit je peux faire un p'tit truc, rapper en français, comme ça c'était quand même très amusant pour moi. Je ne savais pas vraiment si ils allaient aimer mais ils ont aimés.

Y a eu MOCKY qui a écrit une histoire courte, tu l'as adaptée...

Gonzales: Il a improvisé sur scène, ça fait 2 ou 3 ans, un genre de spoken words qui s'appelait "take me to broadway". C'est très différent mais quand même le titre, j'ai toujours gardé. J'me suis dit c'est parfait pour GONZALES alors... c'était vraiment le titre que j'ai gardé, c'est même pas enregistré mais je m'souviens j'lui disais bon, j'fais un single, un truc qui va être vraiment la pièce maîtresse de mon album, et bon, j'vais lui donner un crédit mais c'est un peu dingue de dire "titre par MOCKY" alors on a dit c'est histoire courte, un genre d'improvisation, un peu comme un free style rap, juste comme ça, accapella à Toronto ça fait 3, 4 ans...

Et de GUESCH PATTI, qu'est-ce-que tu as gardé ?

Gonzales: Beaucoup d'inspiration, parce que, elle est très folle mais elle n'est pas paresseuse. Elle fait plein d'trucs avec sa danse, et beaucoup de choses sur radio. Elle fait vraiment beaucoup beaucoup de choses, Elle voulait jamais vraiment être une vedette de pop, ça lui est arrivé, un accident qu'elle a bien...elle s'est bien amusée comme ça elle est cool.

La rencontre remonte à un an et demi ?

Gonzales: GUESCH PATTI, ça fait 3 ans que je la connais. j'ai aussi fait un remix pour elle, j'la connaissais pas et je l'ai rencontré et j'ai dis bon, cette femme est parfaite, cette inspiration...... alors quand la maison de disque a demandé, oui GONZALES peut-être qu'on peut faire quelquechose en français, j'me suis dit parfait, on pourrait traduire quelquechose en français de GONZALES et GUESCH PATTI pour le chanter.

Est-ce que tu as été influencé par les comics, les BD ?

Gonzales: Oui.........!!!??... t'as dit BD ou pédé ?

BD !! Bandes dessinées, pardon ! On sent cette influence...

Gonzales: Oui, j'ai lu beaucoup et j'ai toujours pensé que les musiciens ont une très bonne position dans la culture pour se présenter comme des héros, des vilains. Y a des rappers qui font ça, des fois y a MARILYN MANSON, mais je veux beaucoup plus, j'veux vraiment un vrai panthéon de héros et de vilains. Parce que les musiciens, ils se présentent un peu trop sérieux. Je rencontre beaucoup de gens qui sont très sérieux et sincères sur scène et on les rencontre...

[pendant ce temps, LOUIE AUSTEN entre et s'installe]

Gonzales: ...ils sont dingues, ils font pleins d'trucs. C'est beaucoup plus entertaining de te rencontrer backstage, comparé à te voir sur scène. Moi j'étais aussi comme ça, je sens que je me suis échappé d'un piège. Le piège c'était que moi j'faisais des concerts très sérieux et très introvertis, la musique c'est authentique, et j'veux pas dégrader la musique en faisant des choses show business et tout ça... et après je suis allé chez moi avec 3 ou 4 amis, on a mit des beats et on a fait du rap mais moi je chantais des chansons très sincères, j'pensais non, je fais ça avec mes amis mais c'est pas vraiment mon truc, mon truc c'était la musique sérieuse. Et après on faisait des parties pour 2, 3 heures, on faisait nos raps, des routines, des danses move, tout ce que je fais maintenant. Je m'suis dit ça doit être beaucoup plus entertaining de voir ce que j'ai fait avec mes amis dans un coin, que le concert que j'ai travaillé 2 semaines à répéter. Alors j'ai commencé à essayer de faire mon concert plutôt comme une party après le concert.




GONZALES pendant l'itw

Et maintenant, quand t'es sur scène, tu peux pas imaginer un concert sans changer 10 fois de vêtements,

Gonzales: 4 fois !

4 fois, j'ai un peu exagéré, des vêtements impressionnants, tu as une garde robe gigantesque ?

Gonzales: Pas vraiment, ça commence très lentement. Au début il y 'avait seulement la jacket de hip hop, à la radio vous pouvez pas voir...

C'est un survêt' noir imitation velour, avec du blanc et du rouge, enfin ce qu'il en reste du blanc !

Gonzales: J'ai fait 300 spectacles avec et lavée peut-être 5 fois ! Ca a commencé avec ça, avec la chaîne d'or qui est maintenant une chaîne d'argent...

Parce que l'or est parti, ou tu l'as repeinte ?

Gonzales: Non, j'ai perdu l'or et après j'ai voulu changer, juste comme ça ! Après il y avait le costume rose quand j'me suis senti un peu devenir comme un politicien, mais je voulais être clair, c'est seulement le côté show biz de la politique qui m'intéresse, pas vraiment les responsabilités. La partie show biz de la politique, c'est presque tout ! Le costume rose c'est pour un côté très persiflage, mais c'est une coupe qui est très conservatrice, comme un politicien. Après il y avait le costume de safari qui est venu parce que je suis allé en safari avec mon père et mon frère. Il a acheté des costumes qui sont tous les mêmes pour tous les trois, et le chapeau colonial. On a porté ça pendant 3 semaines dans un safari et après je faisais une tournée immédiatement à Londres, alors j'l'ai gardé, j'ai dit, bon, j'suis en safari en Europe, c'est parfait pour moi. Mais ça va lentement, vraiment. Après y avait le "main man" (robe de chambre), c'est la dernière chose que j'ai ajoutée, j'ai fait ça parce que j'ai fait une reprise de DAFT PUNK, une de leur chanson...

Comment ça s'est passé ? C'est eux qui t'ont demandé ? Il y a beaucoup d'humour dans la reprise...

Gonzales: Ils ont demandé un remix. J'ai beaucoup de respect pour DAFT PUNK, ils utilisent vraiment les machines comme des instruments, mais je leur ai dit: pas moi, j'suis pianiste, je fais d'autres choses, mais j'suis pas qualifié pour faire un remix de DAFT PUNK. J'suis qualifié pour trouver la chanson qui se cache dans un morceau de DAFT PUNK. C'est ça que j'ai fait, avec des accords, des changements de clef, des choses comme ça et de vraiment faire un truc qui est peut-être comme la musique que DAFT PUNK écoute. Je sais qu'ils écoutent beaucoup de soft rock et des choses des années 70, alors je voulais leur faire un petit cadeau parce que, bon, ils sont pas vraiment pianistes mais comme ils sont de bons écrivains de chansons, j'ai arrangé un peu mais tout était là ! Ce sont de très bonnes paroles, très très bonne mélodie, très bon message, tout ça. J'étais un peu comme arrangeur, oui je chante mais l'humour c'est pas conscient, c'est seulement faire une petite fantaisie, parce que c'est drôle d'écouter quelquechose qui est très moderne, mais vraiment y a toujours une chanson très vieille qui se cache dans les bonnes chansons. Quand c'est bon y a quelquechose qui peut toujours être un classique, un standard.

Tout à l'heure tu parlais de ton père, de ton frère... Tu as eu quelle enfance ? Quelle éducation musicale pour en arriver là ? Tu as commencé par quoi étant petit ?qu'est-ce qui t'as influencé ? Qu'est-ce que ton père t'a apporté musicalement ???

Gonzales: C'est plein de questions !!....J'ai commencé à avoir des leçons de mon frère, parce que lui il avait des leçons normales avec un professeur de piano. Moi je voulais pas, mais il a redonné les leçons. Moi j'avais toujours un côté improvisation, jouer à l'oreille un peu plus, mais il m'a montré des trucs. On a fait beaucoup de musique ensemble...

Il est plus agé que toi ?

Gonzales: Oui oui. Et on avait assez d'argent pour que mes parents achètent de très bons instruments si on voulait. Il y avait une batterie, des guitares, des choses comme ça, parce qu'ils ont vus qu'on avait du talent, ils avaient de l'argent alors c'était très bon. On a été exposé à beaucoup de choses, les leçons qu'on voulait, voir des concerts. Mon père m'a emmené voir WAGNER quand j'avais 16 ans. J'ai vraiment toute la culture bourgeoise qu'il est possible d'avoir au Canada, parce que le Canada c'est pas vraiment bourgeois, c'est trop jeune, y a pas d'aristocratie. C'est un peu provincial comme ça, colonial mais il y a beaucoup de première génération immigrante, qui garde vraiment le côté eurosnob, ils sont au Canada, c'est calme, mais vraiment ils écoutent la chanson, FRANCOISE HARDY, ils disent non, le café c'est pas bon, c'était un peu comme ça des fois !

 


LOUIE AUSTEN & GONZALES
[live UBU oct.2002]

 

Il y a quelqu'un qui vient de rentrer dans la pièce, qui est LOUIE AUSTEN, avec qui tu as chanté "starlight", on a 2 crooners magnifiques, un autrichien, on pourrait croire qu'il est américain, et toi qui est d'Amérique du nord qui est arrivé en Europe...

Gonzales: Un faux français et un faux américain....(rire)... LOUIE n'a rien compris à ce qu'on a dit depuis le début, et il aimerait bien qu'on lui pose les questions en anglais.

[à partir de là, l'interview est passée + ou - en anglais. Merci YANN pour la traduction simultanée]
Comment s'est faite votre rencontre à tous les 2, comment s'est passé l'enregistrement de "starlight" ?

Gonzales: D'abord parce qu'on a le même label, KITTY YO, et quand j'ai signé avec eux ils m'ont dit: "faut absolument que tu rencontres ce mec là, lui aussi peut amuser les gens !" La première fois que je l'ai vu, LOUIE AUSTEN était en train d'ouvrir pour PEACHES à Berlin, il est retombé sur des vieux DAT qu'il avait d'enregistrements qu'il avait fait pour l'école de jazz et il juste eu un C !

Ce qui n'est pas une note terrible ?

Gonzales: Non, il y a A c'est le meilleur, il y a A minus qui est un peu moins bien, après il y a B après il y a B minus et après il y a C !!!

LOUIE AUSTEN, tu es passé il y a 2 ans aux Transmusicales ! Qu'est-ce qui t'es arrivé depuis ?

Austen: Ca fait plus d'un an, que je suis en tournée, depuis août l'année dernière, il me faudrait un visa pour rentrer chez moi (rire).

On ne sait pas beaucoup de choses sur toi, est-ce que tu peux présenter ce que tu as fait avant ?

Austen: Je suis un dinosaure, j'ai eu 56 ans il y a pas très longtemps. Normalement à cet âge on est viré ou on part à la retraite, mais moi c'est ni l'un l'autre ! Comme le dit GONZALES, parce que je suis autrichien, parce que j'aime aussi la musique française, mon premier instrument ça a été l'accordéon, mais j'ai aussi joué du piano et de la guitare aussi. L'une de mes premières idoles c'était DEAN MARTIN, "everybody love somebody...." (en chantant). je me suis dit un jour, c'est vraiment le boulot qu'il me faut: Des filles, de l'alcool, de l'argent... En fait, j'avais 18 ans, j'me suis dit c'est un peu trop tôt pour devenir DEAN MARTIN, j'vais attendre 10 ans ou plus et puis je vais suivre des cours, des méthodes d'enseignement traditionnelles, parce qu'à l'époque il n'y avait pas forcément d'écoles pour devenir chanteur pop, il fallait suivre des enseignements classiques. Après avoir un p'tit peu appris sur les bancs de l'école de musique, je suis arrivé, à 28 ans: "Hey ! I'm a singer !" et on m'a répondu: "who cares !". Deuxième épisode, je vais en Afrique du sud, à l'époque c'était l'apartheid, une politique terrible, il revient de là-bas et il dit: "Hey, I'm back !" et on m'a répondu encore: "who cares !"

Gonzales: You must say:" I'm black !" (rire)

Austen: Yes !!!...(rire)...Troisième épisode, l'Australie et là-bas on chantait de la country et puis du blues et je ne me voyais pas chanter toute ma vie des morceaux sur 4 accords, et là je reviens en Autriche....

 


LOUIE AUSTEN [live UBU oct.2002]

 

On peut arriver au 6ème épisode directement, get to the point !

Gonzales: No bullshit LOUIE (rire)....

Austen: Ok ! J'ai fini par trouver un continent qui m'accueillait. Je suis arrivé à New York, j'ai rencontré le HARLEM BLUES & JAZZ BAND, on m'a demandé si je voulais chanter et j'ai dit non. J'avais peur, parce qu'ils étaient très bon et je ne savais pas quoi faire.

Et finalement ?

Austen: J'ai chanté avec eux !

Comment as-tu rencontré les personnes qui font de la musique électronique avec toi en Autriche ?

Austen: J'ai rencontré un producteur dans un studio qui m'explique qu'il produit des morceaux, je ne comprends pas du tout ce qu'il fait à ce moment là. Quelques mois après il m'appelle: " hey, j'ai produit une chanson pour toi !" ah bon ? très bien ! La première chanson s'appelait "remember". J'étais vraiment très surpris du résultat, c'était vraiment une nouvelle perspective dans la musique, une nouvelle façon de poser les rythmes, j'étais vraiment étonné !

Tu as continué de chanter comme un crooner, tu as du t'adapter à cette nouvelle musique ou c'est juste eux qui ont apposé leur rythmique ?

Austen: Ce qui me plaisait, c'était d'essayer les choses, de mélanger ce que je faisais, ce que lui faisait, à ma façon, comme un crooner, sur des musiques électroniques. ce que j'aimais beaucoup c'est que je n'avais pas l'impression de travailler, je passais quelques heures dans un studio, je m'amusais, ça m'intéressais ! Après quelques semaines on me dit, ça y est, on fait un album ! C'est des conneries ? non ! On a vraiment fait cet album et le premier concert pour le promouvoir à Berlin, on m'avait engagé pour 1 heure, mais moi j'avais que 6 chansons à faire, donc 20 minutes, pas plus ! Je ne savais pas trop quoi faire alors je me suis mis à inventer des histoires pour tenir 1 heure. Le club ouvrait à minuit, je montais sur scène qu'1h30 plus tard, j'ai vu arriver le public, que des punks, j'me suis dit: "They will kill me tonight, this is tonight I'm dead !" Imaginez la stupeur des gens dans la salle, l'album n'était pas un album de danse du tout, c'était un album sombre, dépressif assez noir....Ils me voient en train de chanter mes 6 chansons et raconter mes histoires, ils avaient l'air de se dire: "What is he doing ?"(rire).... On m'a proposé de faire de la house, mais j'ai répondu pourquoi ? j'ai déjà un appartement !

Gonzales: You gotta stop ! that's a really bad joke !...(rire)

(...)

Austen: Les morceaux électroniques du premier album de house music de LOUIE AUSTEN ont bien marchés, certains ont atteint les premières places des hits parade en Autriche, ce qui a fait que le patron de KITTY YO a décidé de me signer sur le label. Il n'y a qu'une façon de promouvoir ce nouvel album "only tonight", c'est de le jouer sur scène, c'est pour ça que ça va faire 1 an et demi que je suis en tournée.

Il y a 2 albums ?

Austen: Il y a juste eu un album auparavant, puis 2 singles qui figurent aussi sur l'album "only tonight".

 

LOUIE AUSTEN : ONLY TONIGHT
GONZALES :  GONZALES UBER ALLES
GONZALES : THE ENTERTAINIST
GONZALES :  PRESIDENTIAL SUITE

Propos recueillis par free son + Yann.